Ecole privée Assalas de Tizi-Ouzou Algérie
Performances et échec scolaires
Qui sont ces enfants qui échouent? et qui sont ceux qui réussissent? Pourquoi des jeunes décrochent-ils si facilement ? Pourquoi les efforts consacrés aux études sont ils insuffisants? D'abord la notion d'échec n'est pas simple à cerner . L'échec est un sentiment qui résulte d'espérances trompées. Espérances des parents, eux qui souhaitant la réussite de leurs enfants voient leur avenir incertain . Enfin celles des enseignants qui font figure d'accusés ,eux qui auraient voulu que tous leurs élèves réussissent !! Il est vrai que nous sommes dans une societé rongée par la peur du chomage. Alors pourquoi ce lycéen se casserait-il la tête pour apprendre quand ses frères et soeurs diplomés ingénieurs ou licenciés ne trouvent pas d'emploi ? A tous ces jeunes qui se posent des questions je leur demande de lire ce très beau texte de Robert Sabatier et qui s'intitule : Pourquoi apprendre?
"Pourquoi apprendre?" me dit un jour un adolescent sur un ton blasé. "Pourquoi apprendre puisque j'oublierai les deux tiers de ce que j'ai appris et que le reste ne me servira pas à grand-chose?"
J'aurais pu lui parler du rôle des études dans la formation intellectuelle. Se référant à la raison pratique, qui ne lui aurait répondu en évoquant les diplômes, les possibilités d'établir sa situation dans la vie, de faire une carrière ?
Et on aurait pu ajouter que les études, c'est comme l'eau pure; on l'apprécie quand on est dans le désert. Et combien, parmi les défavorisés de la société, m'ont dit: "Et pourtant, j'étais doué. Ah! Si on m'avait fait faire des études"...
Mais pour répondre à cet adolescent moins blasé sans doute qu'il ne voulait bien le montrer, j' ai choisi d'autres arguments. En effet, cet aimable provocateur, ce charmant petit Socrate, pour sa délectation personnelle, voulait m'amener à entrer dans un jeu ou il serait gagnant puisqu'il prévoyait mes objections et savait par quelles insolentes pirouettes il pourrait y répondre. J'ai préféré puiser dans mon expérience enfantine d'une pédagogie sauvage et dont finalement je ne me plains pas puisqu'elle a ouvert a ma curiosité les portes du savoir et fait de moi un éternel étudiant. Et j'ai évoqué une idée toute simple qu'on oublie généralement: l'idée de plaisir.
Celui qui a le bonheur d'accéder à ce bien précieux, la culture, doit en connaître les joies. Malheureusement, ce n'est pas le cas du plus grand nombre. J'ai visité beaucoup de comités culturels d'entreprises. Il y a là des gens de bonne volonté qui mettent toute leur énergie à éveiller des intérêts pour le livre, le disque ou le spectacle. Ils savent que l'homme ne vit pas seulement de pain. Ils savent que l'accession à la consommation est une chose et que l'accession au savoir en est une autre. Il existe malheureusement des soifs de connaissances qui restent insatisfaites. La fatigue des journées de travail, des transports, le manque de temps et de moyens en sont la cause, et aussi l'abandon à la quotidienneté envahissante. Cela m'a attristé bien souvent, mais quel réconfort que de voir briller dans un regard une certaine flamme: celle de l'être qui découvre autre chose que son horizon limité de chaque jour.
A cela et à ceux-là, il faudrait bien penser.
Non, la culture n'est pas un mot abstrait, une entité administrative. Elle est un besoin, une nécessité, une nourriture. Mais elle est aussi, par-dessus tout, un plaisir.
Robert SABATIER, Journal du Dimanche,